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Les moustaches sur les bords du Lac de Naussac (Lozère)

Les moustaches sur les bords du Lac de Naussac (Lozère)
 Aux aurores , en ce dimanche 29 Août, nous prernons la direction de la Lozère et plus précisemment des Terrasses du Lac de Naussac , vaste lieu dédié aux vacances  connu et recommandé par certains d'entre nous qui ont déjà eu le plaisir d'y séjourner il y a une bonne dizaine d'années pour un séjour club.
Nous sommes arrivés sur place vers 15 heures et aussitôt il nous faudra nous élever tout en haut du camping pour prendre possession de notre superbe et cofortable chalet mis à notre disposition. Pour la petite info , le chalet se trouvait à peu près à 300 ou 400 m du resto où nous prenions nos petits-déjeuners et diners chaque jour  et que pour y accèder il fallait se payer une côte de 12 ,8 % ..... Je vous prie de croire que même à pieds, lorsque vous avez l'estomac bien rempli  et qu'il faut remonter ce chemin après une bonne journée de vélo dans les mollets , le souflle est souvent plus que court... Ceci dit la magnifique vue que nous avions de notre chalet sur le lac compensait largement ce  petit désagrément.
 
Lundi 30 Août : Col de la Pierre Plantée , 79 km,( +1045 m de dénivelé positif)
Surprise au réveil , il ne fait pas bien chaud à l'intérieur de notre nid douillet.Pour cause et après vérification il ne fait que 6° à l'extérieur. A gla-gla...le ciel a revêtu sa couleur hivernale (va-t-il neiger????nous sommes  à plus de 1000m). Quand même pas, il ne faut pas exagérer mais les gortex seront de rigueur toute la journée. Le soleil fera quand même son apparition en fin de matinée mais sera accompagné malgré tout d'un petit vent glacial.
Aujourd'hui nous avions comme objectif Chateauneuf de Randon  B.C.N. de la Lozère. Pour cela et avant d'y parvenir il nous faut passer  par le
 barrage EDF du lac de Naussac, grimper jusqu'à Grandrieu que nous atteindrons après une halte salvatrice à la chapelle de la fontaine St Méen où parait-il son eau guérit ou guérissait les maladies de la peau et de la teigne) . En signe de reconnaissance il était coutume de nouer un bout de tissu à une rampe métallique pour faire un vœu.
Grandrieu passé ça grimpe toujours , direction le col de la Pierre plantée (1260m). Ce devait être le premier col de notre expédition.Ce devait ,car que néni, point de pancarte signalant  le sommet... Inattention de notre part ? Nous étions pourtant bien sur la D 988 .  La pencarte était-elle provisoirement ou définitivement enlevée par la D.D.E. , nous n'en savons rien, en tous cas,vu le dénivelé encore à absorber, il était absolument exclu de faire demi-tour pour vérifier. Direction maintenant Chateauneuf de Randon (BCN) situé sur un éperon rocheux  à l'entrée de la montagne de la Margeride, en Haut-Gévaudan et où Bertrand Dugesclin y succomba , non pas au cours de combats pour lequel Charles V l'avait mandaté pour chasser l'ennemi Anglais mais en buvant de l'eau trop fraîche. D'ailleurs je conseille à tous les passionnés d'histoire de chercher sur internet : Chateauneuf de Randon, ils pourront y apprendre plein de choses sur ce chevalier, notamment sur le retour roccambolesque de sa dépouille sur st Denis. Je n'en dis pas plus
Cartons bcn validés au centre du village et après s'être restaurés aux pieds de la statue de notre cher "Bertrand" nous reprenons le circuit pour boucler la boucle par une longue ligne droite d'environ 20 km qui nous sépare alors de Langogne qui comme beaucoup de ville en France est bien triste un lundi après-midi . Une dernière grimpette  nous sépare  de notre camp de base , mais nos ardents destriers poussés à l'extrème puisqu' encore plein d'énergie nous aideront à franchir ce dernier obstacle sans difficulté.
 
Mardi 31 Août: Le Lac du Bouchet BCN de la Haute Loire, 73 km (+1252 m de dénivelé positif)
Il fait toujours aussi frisquet au réveil et en plus ce matin un épais brouillard recouvre le lac , à tel point que nous nous demandons si nous allons pouvoir partir. Heureusement oui!
Le temps d'aller prendre notre copieux petit déjeuner , l'épaisse brume s'effiloche au fil des minutes pour disparaître complètement à l'heure de notre départ.
Aujourd'hui direction la Haute Loire et plus précisemment le lac du Bouchet BCN de ce département. Comme hier nous longeons le lac pour nous éloigner de Naussac et prendre la direction de Jonchères   afin de grimper jusqu'aux vestiges de son chateau du XI ème siècle.  Le temps de prendre quelques clichés et surtout de reprendre notre souffle, nous voilà reparti en direction de Landos, charmant village animé par le marché et par les nombreux marcheurs qui grouillent dans ce village perdu à 1100 m d'altitude mais où pas moins de 43 chemins de randonnée passent au centre de ce village ou a proximité. C'est aussi l'endroit où notre GPS fait un premier malaise perdant d'un seul coup le Nord. Nous lui laisserons le temps de le retrouver en nous offrant un petit café en terrasse, covid oblige, et ce malgré la fraîcheur de la température. (de quoi attraper du mal)
Notre guide semblant remis de son malaise nous lui faisons  de nouveau confiance pour sortir du village. Une confiance toutefois  limitée car dès la sortie de Landos, il nous fait emprunter une petite route non revêtue couverte de terre, de sable rouge et de cailloux. En général ce genre de sentier ne dure pas très longtemps , sauf que là nous avancerons péniblement souvent en rupture d'équilibre, pendant 7 km . D'ailleurs au sortir de ce boyau lorsque nous retrouverons la civilisation, nos moustaches n'etaient plus blancs mais de couleur rouge brique...
Bien que personne ne nous attendent, cette malheureuse aventure nous a fait perdre énormément de temps.
Si nous voulons atteindre le lac du Bouchet avant midi pour nous ravitailler  il faut portant presser l'allure. Ce que nous faisons et là au sommet d'une belle côte s'offre à nous en récompense de l'effort fourni une magnifique carte postale de ce lac volcanique circulaire dans son écrin de verdure. Nous aurons le temps d'acheter quelques victuailles au bazar du relais de ce lac et de faire tamponner nos bcn auprès du patron qui habitué de ce genre de démarche possède même un tampon FFCT
Pour sortir de cet endroit idyllique, il nous faut emprunter plusieurs petites routes forestières , ce qui fait replonger mon gps dans un nouveau délire. Il me faudra user de malice et décomposer mon itinéraire en petits tronçons pour lui faire retrouver ses esprits. Même après plusieurs années de pratique on découvre toujours  de nouvelles façons de se servir de cet engin extraordinaire mais d'un compliqué pas possible.
Le retour est tout aussi vallonné que l'aller et nous voit passer par les villages de Cayres, Costaros, Barges, St Paul de Tartas , Pradelles où nous nous arrêtons pour découvrir cette ville classée parmi les « Plus beaux villages de France »  et qui de par sa situation est une des portes d’entrée en Haute-Loire.
Après cette visite riche en découvertes, Il ne nous reste plus qu'à effectuer les 10 derniers km  tout schuss puisqu'il s'agit d'une descente pour rejoindre Langogne qu'au passage nous trouvons un peu plus animé que la veille. Après un ultime effort nous rejoignons nos pénates. Il est quinze heures environ , commence alors la toilette des moustaches...
 
Mercredi 01 Septembre: le lac d'Issalarès BCN d'Ardèche : 82 km (1246m de dénivelé positif)
Aujourd'hui c'est l'étape la plus longue et au dénivelé le plus important qui nous attend. Pourtant le moral est au beau fixe , même si des petites courbatures commencent à se faire ressentir par ci par là,mais rassurés que nous sommes  maintenant par l'autonomie de la batterie de nos moustaches....Ca devrait faire le coup encore aujourd'hui.
Il ne fait toujours pas très chaud ce matin même si un soleil timide pointe ses premiers rayons. Les premiers coups de pédale pourtant nous réchauffe aussitôt car évidemment dès la sortie de Langogne ça grimpe... jusqu'à Lanarce soit environ 20 km (un bon échauffement). Ce sera ensuite beaucoup moins difficile  pour rejoindre St Cirgues en Montagne  , encore un village à la croisée de nombreux chemins de randonnées. Nous  prendrons le temps de faire une petite pause ravito au centre du village totalement désert où les quelques rares passants semblent nous prendre pour des extra-terrestres...Ce ravito était pourtant indispensable avant d'attaquer les pentes ardues du col de Gage  qui bien que pas très long possède tout de même un dénivelé moyen de 7 % . Du sommet  nous appercevons au loin le grand lac d'Issarlès l'objectif de notre sortie du jour. C'est par une belle descente que nous abordons ce Lac naturel de cratère de 97 hectares, situé à 1 000 m d’altitude, profond de 138 m et de 5 km de circonférence. En cet instant le soleil a pris de la force et il fait bon se restaurer sur les berges de ce plan d'eau, quelques rares baigneurs en cette fin de saison osant même piquer une tête dans l'eau. Ca ne doit pas être bien chaud quand même...
Au sortir de cette petite ville , mon fameux Gps n'est de nouveau pas d'accord avec moi. Il nous envoie sur  une petite route qui nous fait tourner en rond et retrouver la place du village. A mon idée il n'y avait qu'une possibilité de sortir de là, mais avant de nous aventurer plus loin je me renseigne auprès d'otoctones sympa qui confirment mon choix. Direction Coucouron, en avant marche.... Mais là encore tranquille car de nouveau 20 km de montée nous attendent et ce maintenant sous un chaud soleil (enfin !).
Le sourire revient quelque peu sur nos lèvres lorsque nous voyons la pancarte Pradelles car derrière nous savons pour l'avoir déjà emprunté que 10 km de descente vertigineuse nous attendent. Après une nouvelle traversée de Langogne nous arrivons au bercail vers 15h10. Chouette c'est encore l'heure de pouvoir faire une bonne sieste...
 
Jeudi 02 Septembre: Journée Repos et tourisme: Au programme le Mont Gerbier de Jonc et Vallon Pont d'Arc
Au réveil cette fois le soleil est déjà là et de plus la fraîcheur habituelle a disparu.... Il va faire beau
Après le toujours aussi copieux petit déjeuner , départ illico presto en voiture cette fois (beaucoup moins fatigant, quoique...) pour vérifier si nos souvenirs  scolaires en matière de géographie  concernant le mont gerbier de Jonc sont toujours bien ancrés en notre cerveau. Nous voilà donc au pied de ce fameux suc volcanique à la forme si particulière où encore une fois tout est bon pour attirer le touriste. Nous y trouvons la maison du site bien sur , mais aussi un bon nombre de petits chalets (type marché de Noël) où des artisans locaux exposent et vendent leurs produits locaux ou autres... Près de là , la source géographique  de la Loire est mise en évidence et très facile d'accès contrairement à ses autres origines  car en réalité, les sources de la Loire sont au nombre de trois et sont toutes situées au pied du Mont Gerbier de Jonc. La présence de ces trois sources est due au fait que sous le Mont Gerbier se trouve une nappe phréatique (du grec "Phréas" : puit) et l'eau sort ainsi de terre en plusieurs endroits, elles se rejoignent pour former la Loire, qui descend la vallée située au sud du Mont Gerbier.
Comme de bons touristes que nous sommes nous faisons quelques amplettes style fromages, saucissons et autres produits qui embaument la voiture durant le reste de la journée...
Non , non la journée n'est pas finie, il nous faut maintenant traverser tout le département de l'Ardèche pour rejoindre Vallon pont d'Arc et son célèbre pont naturel curiosité géologique . Cette arche naturelle grandiose a été percée dans la roche par le passage de la rivière Ardèche.
Située à l’entrée des Gorges de l’Ardèche, lIL mesure 54 mètres de haut, 60 mètres de large, et est datée d’au moins 500 000 ans !
Mais avant de découvrir cette merveille, nous nous payons environ 100 km de manège style grand huit , frolant les ravins , se garant pour faire passer les véhicules de sens contraires etc, etc....et à l'arrivée nous retrouvons les plaisirs de la circulation et de stationnement que l'on peut trouver à Etretat même en cette saison. Nous sommes garés à plus de 2 km en stationnement payant bien sur.
Notre premier souci à l'arrivée sera de trouver de quoi se susbtanter car il se fait déjà 14h30.... Un petit resto de camping fait l'affaire et c'est le ventre plein que nous partons à la découverte de cette merveille de la nature. Nous l'observons sous toute ses coutures bien sur puis nous remontons à bord du véhicule pour entamer un deuxième tour de manège qui nous ramène au bercail à près de 19 heures. Après plus de 2oo km de camion, personnellement j'en ai plein les bras et Françoise est blanche comme un linceul ,la trouille ne l'ayant pas quittée de la journée. N'avais je pas  dit pourtant : étape de repos ???
 
Vendredi 03 Septembre: Le Col du Pendu , 65 km  (+744 m)
Voilà c'est déjà la dernière étape de notre voyage itinérant en étoile autour des Terrasses du Lac. Etape plus courte volontairement car il faut replier bagages  et préparer le retour de demain.
Trois cols toutefois au programme, le col de la Chavade (1266 m), col du pendu (1435 m)et col du Bez (1229 m). Paradoxalement c'est cette étape qui présente le moins de dénivelé. Cela s'explique par le fait que les deux premiers se trouvent dans le prolongement l'un de l'autre et que le troisième est abordé de l'autre côté du col dans la descente .
Pas grand chose à dire de cette ultime sortie sinon que les difficultés se situent dans les premiers 30 km, qu'entre le col de la Chamade et celui du Pendu la DDE a eu la bonne idée de goudronner soit 10 km de grimpette rendue encore plus pénible de ce fait. Si tôt le pendu décroché c'est une descente sinueuse qui s'offre à nous , ainsi le col du Bez ne sera qu'une formalité. La descente s'assagit de plus en plus jusqu'à l'arrivée dans le village de Luc. Nous reste alors que 15 km de vallée à accomplir pour terminer ce périple Lozérien, nous enclenchons alors le turbo de nos moustaches et c'est à plus de 30 km/h que nous en finissons.  LE PIED !!!
Il est juste un peu plus de midi lorsque des effluves alléchantes de " l'oasis " une petite guinguette située sur le bord du lac  près du camping nous
 attirent et où nous y dégustons une saucisse de pays accompagnée d'aligot ! Un régal réchauffant car de nouveau la fraîcheur est revenue.
Fin de l'histoire
 
Epilogue:
Nous ne savions pas trop avant de partir quel serait le comportement de nos VAE en moyenne montage, et bien maintenant nous sommes rassurés nous avons bouclé toutes les étapes sans avoir à souffrir d'un manque de batterie. Il est vrai que nous avons roulé le plus souvent possible sur le mode "éco" et que de ce fait nous avons  volontairement un peu souffert par moment, mais bon n'est-il pas dit aussi que qui veut aller loin ménage sa monture ?
Sinon ,nous sommes très enchantés de ce séjour et de l'hotel camping en particulier. L'ambiance y est excellente, de plus le personnel est très à l'écoute et pour ne rien gâcher la nourriture y est succulente.
Notre V.I. en étoile comportait 4 étapes pour un parcours de 298 km et un dénivelé positif total de 4287 m nous permettant ainsi de faire tamponner 3 Bcn chacun (Lozère, Haute Loire et Ardèche)
Le rideau est maintenant tombé sur cemagnifique séjour dans un cadre merveilleux, maintenant la vie reprend son cours.....
 
Les Moustachus